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Mardi 13 mai 2008
 
Des traits aux idéogrammes.

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La langue chinoise n'est pas fondée sur un alphabet, mais sur des caractères appelés "pictogrammes" ou "idéogrammes".
Les idéogrammes sont eux-mêmes composés d'une ou plusieurs unités fondamentales, qui se composent à leur tour d'un ou plusieurs traits élémentaires.


Depuis sa création, il y a quatre mille ans, l'écriture chinoise a su évoluer de diverses manières pour donner naissance à différents styles. Nous allons en présentez cinq parmi ceux qui ont eu le plu grand rayonnement et sont encore employés à l'heure actuelle.

Chaque style d'écriture ("shu" en chinois) est apparu longtemps avant de ce développer et de connaître sont heure de gloire. Chacun d'entre eux s'est propulsé et affirmé sous l'influence de contextes historiques décisifs et reste généralement lié à une pratique précise, comme la gravure des sceaux (zhuan chu) ou la transcription des documents officiels (li shu).

A l'heure actuelle, on utilise le kai shu - sous diverses variantes - pour imprimer les documents et livres; c'est le style du dictionnaire, celui que l'on apprend à l'école et que les débutants en calligraphie abordent en premier lieu. En revanche, pour les communications courantes, les Chinois se servent désormais du xing shu. Les trois autre styles (zhuan shu, cao shu et li shu) sont plutôt employés par les artistes.

La forme de chaque caractère diffère d'un style à l'autre, adoptant parfois plusieurs graphies au sein d'un même style lorsque les lettrés ont élaboré différentes manières de représenter un mot au cours des siècles.

Les cinq styles

Le zhuan shu


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Le zhuan shu est le plus ancien des cinq grands styles de calligraphie chinoise, et ses premières traces apparaissent à la dynastie Shang ou Yin (v. 1700-v. 1100 av. J.-C.). Appelé aussi " écriture sigillaire " ou " écriture de sceaux ", il a de tous temps été employé pour graver les sceaux traditionnels et a dominé jusqu'à la première dynastie Qin "221-207 av. J.-C.).

Entre les dynasties Shang et Qin, la dynastie Zhou (v. 1100-256 av. J.-C.) et l'époque des Royaumes combattants (453-221 av. J.-C.), voient apparaître une Chine divisée et déchirée par des conflits permanents qui ne favorisent guère le développement des arts tels que la calligraphie. Si le zhuan shu est largement répandu, ses expressions et ses formes diffèrent d'un royaume à l'autre.

L'écriture est alors essentiellement destinée aux accessoires de cérémonie - inscriptions gravées ou peintes sur les tablettes commémoratives et les ustensiles sacrificiels en usage dans les palais et les temples et les messages sont plutôt courts. Les poteries peintes de cette époque attestent de l'emploi d'une sorte de pinceau rudimentaire, bien avant l'émergence de modèle moderne dont on attribue traditionnellement l'invention au général.Meng.Tian,.vers.250 av.J.-C.

Le li shu et cao shu

 

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Grand unificateur de la Chine en 221 av. J.-C., l'empereur Shi Huangdi (fondateur de la dynastie Qin) se lance dans le rétablissement de l'ordre, édictant des lois qui seront précisément transcrites sur papier et tout aussi strictement mises en application. Au début de son règne, on emploiera le zhuan shu, mais son apprentissage posera des difficultés qui ne conviennent guère au rythme de plus en plus soutenu de ces officiels exigences administratives.

Plus simples, plus faciles à déchiffrer et plus rapides à écrire, les styles li shu et cao shu s'affirment. S'ils en sont encore aux balbutiements, on commence à les utiliser de manière croissante pour la direction des documents officiels. Soulignons cependant que, dans la mesure où le li shu est plus facile à lire et à écrire que le cao shu, c'est lui qui deviendra le style officiel (aussi appelé "de fonctionnaire"). Avec l'invention du pinceau, l'écriture se répand également parmi le peuple, qui y a recours de manière croissante. En revanche, le papier n'ayant pas encore été inventé, on écrit encore sur de fines lamelles de bambou assemblées en rouleaux.

Dans sont souci de consigner par écrit le moindre événement, l'empereur contraint les fonctionnaires impériaux à manipuler des quantités considérables de rouleaux de bambou. On tente alors d'inscrire autant de texte que possible sur un seul rouleau, une pratique qui modifiera radicalement la structure de l'écriture li shu.


Le kai shu et le xing shu

 

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La dynastie Han (206 av. J.-C.- 220 apr. J.C.) se distingue par sa stabilité politique et sa prospérité économique. La calligraphie n’st plus seulement réservée à des usages cérémoniels ou officiels, et acquiert ses premières lettres de noblesse en tant que mode d’expression artistique. Le li shu demeure cependant le style favori tandis que les premières formes de kai shu et de xing shu font leur apparition. Ces écritures en gestation offrent, malgré leur inachèvement, des variantes que les lettrés, avides de nouveaux modes d’expression, accueillent avec le plus grand intérêt.

C’est également sous les Han que naît le papier tel que nous le connaissons aujourd’hui. En remplaçant les lattes de bambou, il confèrera à l’écriture une dimension tout à fait nouvelle. Après les Han, la Chine plonge à nouveau dans une ère de troubles et d’instabilité politique.

Le pays, sous la menace constante des tribus nomades du nord, se divise en de nombreux royaumes. Wang Hi Zhi (303-361), calligraphie génial de l’époque, contribuera à la diffusion de xing shu – un style à part entière – dans la population. Il se penchera également sur le kai shu petits caractères, et les œuvres signées de sa main feront figure de modèle pour les générations futures.


L’âge d’or de la calligraphie

La dynastie Tang (618-907) couvre l’un des chapitres les plus glorieux de l’histoire de la Chine. Prospère, stable, elle offre un terrain fertile au développement de la calligraphie. L’engouement de toute la société pour les arts et pour la littérature suscité une compétition féroce entre lettrés. L’élégance et la précision du kai shu les séduits.
Certains d’entre eux consigneront pour la postérité les instructions d’exécution de chaque trait. Il en reste d’ailleurs de nombreux vestiges, qui comptent aujourd’hui parmi les plus précieuses sources de documentation. Les graphies anciennes en kai shu sont ainsi devenues des guides de référence pour l’apprentissage de la calligraphie.

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 A la fin de la dynastie Tang, les cinq grands styles de calligraphie sont pleinement développés. Le xing shu demeure le style populaire, mais les artistes et les lettrés continuent d’utiliser et d’exceller dans les autres styles en fonction de leurs goûts. Les empereurs des grandes dynasties suivantes : Song, Yuan, Ming et Quing : seront plus proches des lettrés que des guerriers, et sous leurs reigne, l’art de la calligraphie continuera à prospérer.


La calligraphie chinoise de nos jours

Aujourd’hui, le xing shu demeure le style de la communication courante. Si la plupart des Chinois ne savent pas nommer la graphie qu’ils utilisent, ils sont capables de déchiffrer le kai shu, car c’est celui des documents imprimés. Les calligraphies et les artistes n’en sont pas moins nombreux à consacrer leurs efforts à perpétuer ou à raviver toutes les autres écritures, et de nombreuses écoles se spécialisent dans un style. En outre, dans leur exploration perpétuelle de l’art de la calligraphie, les lettrés continuent à produire de nombreux chefs-d’œuvre.


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Tous les styles de calligraphies s’appuient sur les mêmes traits, qu’ils interprètent pour tracer les caractères dans la manière du style en question. Dans la mesure où le kai shu est à l’origine des normes de construction de ces traits, il est indispensable que l’apprenti calligraphe débute par ce style. Par ailleurs, étant donné qu’il constitue l’écriture moderne dominante, il est également préférable d’aborder les idéogrammes en xing shu. Afin d’allier les deux apprentissages, chacun des modules comporte aussi bien des instructions de tracé des traits élémentaires en kai shu que des modèles d’idéogrammes en xing shu.


Le matériel et les fournitures

75.pngLa calligraphie chinoise ne nécessite que quatre outils, les « quatre trésors du cabinet de travail des lettrés » : le pinceau, le papier, l’encre et la pierre à encre.

Toutefois, chacun doit faire l’objet d’un soin particulier de manière à ce qu’il convienne parfaitement à la forme spécifique d’écriture abordée.

Les pinceaux

Le pinceau chinois se compose d’une touffe de poils enserrée dans un manche. Sur les modèles traditionnels, le manche est en bambou et les poils proviennent d’animaux divers.

Ces derniers sont teints dans une couleur qui correspond à leur rigidité : les poils blancs sont souples, les poils bruns plus raides et les poils noirs très nerveux. Chaque pinceau est conçu soit pour la peinture, soit pour la calligraphie, mais il en existe certains qui conviennent aux deux usages.

En calligraphie, le choix du pinceau est fonction de la taille des caractères, celle-ci étant classée en trois groupes :
Les caractères qui occupent un carré virtuel de 2,5 x 2,5 cm sont dits « Petits caractères ».
Les caractères qui occupent un carré supérieur à 2,5 x 2,5 cm sont dits « Grand caractères ».
Les caractères de très grande taille sont dits « Gros caractères ».

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La distinction entre les grands et les gros caractères n’est pas très nette, mais elle se situe entre 5 cm et 7,5 cm environ. L’essentiel est d’aborder les petites écritures avec un pinceau fin et les autres avec un pinceau plus gros. Le meilleur moyen de vérifier que le pinceau convient bien à la graphie envisagée est de faire un essai. Si vous avez l’impression que l’écriture exige des mouvements plus amples que ceux que le pinceau vous permet, optez pour un modèle de plus grande taille.

Si vous avez l’impression que le pinceau donne des traits grossiers ou difficiles à maîtriser, changez pour un modèle plus fin. Par conséquent, n’hésitez pas à essayer plusieurs pinceaux afin de conserver celui qui vous offre le plus d’aisance.

- Les pinceaux à poils blancs.

Les pinceaux blancs ont une touffe souple – poils de chèvre, laine de mouton, plumes d’oie ou de poule. Ils sont particulièrement appréciés pour la calligraphie en raison de leur copieuse réserve d’encre, qualité indispensable en matière de fluidité d’exécution, notamment pour les gros caractères ou la calligraphie gestuelle. L’idéal est un pinceau en poils de chèvre.

Les pinceaux sont aussi classés en fonction de la longueur de la touffe (pointe) :
- Pointe courte
- Pointe longue
- Pointe extra longue

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Les pinceaux à pointe longue sont plus souples que ceux à pointe courte, mais ils s’avèrent plus onéreux. Les débutants commenceront avec des pinceaux à pointe courte pour adopter au fil de leurs progrès des modèles à pointe de plus en plus longue.
Quelle que soit la longueur de la touffe, les pinceaux sont par ailleurs disponibles en trois tailles : fin, moyen, et gros. Les pinceaux fins sont conçus pour les petites écritures, tandis que les gros réservés aux grandes écritures. Les modèles de taille moyenne conviennent à la fois aux petits et aux grands caractères.

- Les pinceaux à poils bruns.

Les pinceaux à poils bruns proviennent d’animaux comme le renard, le loup et le lièvre. Ils sont plus fermes que les modèles à poils blanc. Ils conviennent mieux à la peinture, mais certains calligraphes apprécient leur nervosité, notamment pour l’exécution des petites écritures. Dans ce cas, les traits plus fins exigent, en effet, une touffe assez raide pour adopter la puissance expressive voulue. Pour débuter, procurez-vous un jeux de pinceaux en poils de loup pour calligraphie.

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Poils de loup, grands caractères.
Poils de loup, caractères moyens.
Poils de loup, petits caractères.
Pointe longue, poils de loup, grands caractères.
Pointe longue, poils de loup, caractères moyens.

Bien que les écritures de grande taille soient généralement exécutées avec des pinceaux souples, de nombreux calligraphes préfèrent aborder les grands caractères en xing shu et cao shu avec des pinceaux en poils de loup à pointe longue. Les deux styles exigent, en effet, une exécution plus rapide que les autres, rythme pour lequel les poils de loup possèdent toute la nervosité voulue

- Les pinceaux à poils noirs.

Il s’agit de pinceaux confectionnés avec des poils plus raides, généralement teints en noir, qui proviennent d’animaux comme le porc, le cheval, l’écureuil ou le raton laveur. Assez onéreux, ils retiennent mal l’humidité et conviennent mieux aux œuvres gestuelles.

Ils n’existent qu’en pointes longue et extra longue, et leur manche est généralement assez long de manière à faciliter le mouvement du coude. Si la plupart des pinceaux à poils noirs sont destinés à la peinture, certains sont conçus pour la calligraphie. L’un d’entre eux porte le nom de « Imitation du style de Song ».

Attention : On trouve dans le commerce de nombreux modèles de pinceaux à touffe teinte en noir qui n’on aucun autre intérêt que décoratif car ils ne sont pas assez fermes. Vérifiez toujours la composition des poils avant d’acheter vos pinceaux.

- Les autres modèles de pinceaux.

Certains pinceaux associent les poils souples aux poils raides. Voici les plus employés en calligraphie chinoise :

50% Poils de lièvre,
50% Poils de chèvre.

70% Poils de lièvre,
30% Poils de chèvre.

30% Poils de lièvre,
70% Poils de chèvre.

Tous sont destinés à l’exécution de petits caractères. Leur touffe se compose d’une cape externe de poils souples qui entoure un cœur de poils plus raides, offrant une pointe plus ferme qui permet de calligraphier les petites écritures avec fluidité.  Pour commencer, procurez-vous plutôt les modèles 50/50 poils de lièvre et de chèvre.

Les pinceaux à poils mixtes sont très appréciés pour les petits caractères. Pour les grands caractères, où il faut disposer d’une bonne réserve d’encre, utilisez plutôt des poils souples.

Enfin, chaque catégorie comporte des pinceaux à pointe de très grande taille dits « pinceaux Ti ». Ils sont plutôt employés pour les grandes calligraphies et les œuvres gestuelles.

- La panoplie du débutant.

Voici un choix de pinceau pour aborder la calligraphie :

Pour les petits caractères.
Pointe courte, poils de chèvre, petits caractères ET pointe courte, poils de loup, petits caractères OU 50/50 poils de lièvre et poils de chèvre.

Ce sont les pinceaux désignés par l’expression « pinceau fins » dans tout l’ouvrage. Pour les modules, il vous suffit de disposer d’un pinceau à pointe courte en poils de chèvre. Si vous optez pour les très petits caractères, travaillez plutôt avec un pinceau plus raide (poils de loup).

Pour les grands caractères.
Pointe courte, poils de chèvre, grands caractères OU pointe longue, poils de chèvre, grands caractères.

Pour commencer, utilisez un pinceau en poils de chèvre pour petits caractères. Lorsque vous aurez l’habitude de manier ce model, essayer un pinceau pour grands caractères et, s’il vous convient poursuivez les exercices avec. S’il est trop gros, reprenez le pinceau pour petits caractères ou essayez de calligraphier des caractères encore plus grands.

- Publié dans : abc-xyz - Communauté : calligraphie
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