Samedi 17 mai 2008
   

Le papier

Le papier traditionnellement employé en calligraphie chinoise est un papier spécial, très absorbant, appelé « papier Xuan » ou « papier de Xuan » en raison de son origine.

On fabrique du papier Xuan aussi bien en Chine qu’au Japon ou en Corée. Il est vendu à l’unité, en feuilles ou en rouleaux, et disponible en quatre épaisseurs qui sont désignées comme ci-après :

- Une couche
- Double couche
- Triple couche
- Quadruple couche

Pour calligraphier, on emploie essentiellement le papier d’épaisseur « une couche » ou « double couche ».

Pour commencer, le modèle idéal est le Moon Palace ou « Palais de la Lune ». C’est le nom qui fut donné à l’origine au papier Xuan fabriqué par les Japonais, mais il est à présent également fabriqué en Chine et à Taiwan. Ce papier pour exercices possède une face à grain lisse et une à grain plus marqué. S’il vaut mieux écrire sur la face lisse, certains calligraphes affirment que la face rugueuse convient mieux à l’esprit de la calligraphie chinoise.

Le papier absorbant à base de coton est de plus en plus employé, tant en calligraphie qu’en peinture, mais ici encore tout est question de goût.

Pour les exercices, procurez-vous du papier de calligraphie plus absorbant, meilleur marché. Souvent de couleurs jaune ou brun clair, il est parfois enrichi d’une grille de neuf carrés visant à guider le tracé pour respecter les proportions relatives des traits. Dans ce cas, il faut se procurer les modèles de caractères imprimés avec une grille ou tracer le grille soit même sur une photocopie des modèles. Enfin, le papier pelure et le papier journal procurent d’excellents supports pour les exercices.

Le papier décoratif.

Les Chinois aiment exécuter leurs calligraphies sur du papier décoratif : papier de base d’écorce de mûrier à la superbe texture, papier moucheté d’or incrusté ou papier rouge ou or, très appréciés pour les fêtes. Les calligraphes utilisent aussi du papier orné de motifs en filigrane représentant les symboles de la chance, des bienfaits, du dragon ou de la longévité.

Les autres supports.

Bine que la calligraphie chinoise traditionnelle emploie du papier absorbant, il n’y a aucune raison de ne pas s’intéresser à d’autres catégories de papier. Pensez au papier Kraft, au papier à lettres, au papier d’emballage, au papier cartonné de différents grammages, ou encore au papier destiné à la peinture (aquarelle, papier toilé, etc.) Lorsque vous écrivez sur du papier peu absorbant, veillez simplement à imbiber davantage les pinceaux avec de l’encre et exercez sur les poils une pression légèrement plus prononcée.

Il est d’ailleurs possible d’exécuter des calligraphies sur n’importe quel support – papier, tissu, bois, céramique ou terre cuite – pour orner n’importe quel article. A vous de faire votre imagination !

L'encre et les accessoires

La tradition veut que le calligraphe prépare l’encre en broyant le bâton sur la pierre à encre. Du point de vue uniquement technique, c’était encore indispensable il y a quelques années, lorsque la qualité de l’encre liquide ne convenait guère à la calligraphie chinoise. Toutefois, les fabricants ont fait de tels progrès qu’il est possible désormais de se passer de la corvée du broyage – bien que les puristes insistent sur le fait que l’opération constitue une étape essentielle dans le processus de concentration.

L’encre ordinaire des Occidentaux est trop liquide pour le papier absorbant. L’encre de Chine contient en revanche de la résine qui la rend plus consistante, et elle devient indélébile en séchant. Attention : comme elle tache irrémédiablement le tissu, il est fortement conseillé de protéger ses vêtements.

Vous trouverez de l’encre de Chine liquide en flacon pour calligraphie dans toutes les grandes boutiques de matériel pour artistes et de loisirs créatifs.

A la sortie du flacon, l’encre est assez fluide, mais elle épaissit rapidement en séchant. Patientez seulement 5 à 10 minutes avant de l’utiliser afin qu’elle adopte la consistance voulue. Si elle est trop épaisse, ajoutez simplement davantage d’encre – jamais d’eau, car celle-ci éclaircit le ton.

Versez une très petite quantité d’encre dans la coupelle. Pour les petits caractères, quelques gouttes suffisent ; pour les caractères plus grands, augmentez la quantité.

Outil traditionnel pour le broyage du bâton d’encre, la pierre à encore constitue par ailleurs un superbe réservoir pour l’encre liquide. Nettoyez-la soigneusement en fin de séance afin de ne pas laisser s’encrasser la surface polie. Si vous ne possédez pas de pierre à encre, utilisez une coupelle en faïence.

Les couleurs.

Certes, l’encre demeure le choix traditionnel, mais il est possible de calligraphier des caractères avec toutes sortes de peintures. Pour les œuvres gestuelles, plus artistiques, préférez les pigments à l’eau – aquarelle, acrylique, gouache. En revanche, évitez la peinture à l’huile qui n’offre pas la fluidité voulue pour l’exécution des traits.

Les accessoires.

Procurez-vous également les articles suivants :

• Grand bocal pour le nettoyage des pinceaux.
• Papier journal pour protéger le plan de travail.
• Grandes feuilles de papier brouillon sur lesquelles vous poserez le papier de la calligraphie (papier absorbant) afin d’absorber l’excédent d’humidité (changez régulièrement de feuilles pour disposer constamment d’un support propre).
• Poids (galets, presse-papier, gros livres) pour que le papier ne glisse pas pendant l’exécution de la calligraphie.
• Palette pour mélanges de couleurs.

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La préparation des pinceaux

Pour des questions de présentation, la touffe de poils des pinceaux chinois neufs est maintenue par une pellicule de résine. Avant de commencer à calligraphier, il faut débarrasser les soies de cette pellicule en « ouvrant le pinceau ».

En calligraphie, la méthode d’ouverture du pinceau diffère de celle employée pour peinture. Dans le second cas, puisqu’on travaille avec toute la touffe, il faut retirer toute la pellicule. En calligraphie il est beaucoup plus difficile de contrôler le mouvement du pinceau lorsque toute la touffe est ouverte, c’est pourquoi on ne l’ouvre généralement qu’à demi.

Pour cela, trempez la pointe du pinceau dans l’eau froide pendant 3 à 5 minutes. Lorsque la pointe commence à se relâcher, retirez-la de l’eau sans attendre que le processus s’étende au reste des poils. L’usage du pinceau finira par ouvrir entièrement les soies, mais l’encre et la patine les auront alors suffisamment raffermies. Essuyez immédiatement les soies avec du papier absorbant ou avec une serviette douce. Le pinceau est prêt à l’emploi.

L’entretien des pinceaux

Les bons pinceaux de calligraphe chinoise, souvent des œuvres d’art à part entière, méritent un soin tout particulier. Voici quelques conseils qui vous aideront à conserver vos outils en bon état.

• Après ouverture, ne remettez pas le pinceau dans l’étui (cellophane ou bambou) dans lequel il vous a été vendu, vous émousseriez la pointe.

• A chaque fin de séance, nettoyer les pinceaux à l’eau claire, dans un bocal ou sous un filet d’eau froide, en débarrassant les poils de toute l’encre possible. Séchez avec du papier absorbant. N’utilisez jamais d’eau chaude ou un jet trop fort qui abîmerait les soies.

• Ne laissez pas les pinceaux dans l’eau.

• N’utilisez pas de détergent ou de savon car ils forment une pellicule qui adhère aux soies.

• Rendez leur forme aux soies (pointes) après le nettoyage et laissez-les sécher à l’air libre.

• Enveloppez les pinceaux dans une petite natte en bambou spécialement conçu pour cet usage : les interstices qui séparent les baguettes laissent respirer les soies sans contenir l’humidité.

• Pour fabriquer un étui à pinceaux : glissez deux longueurs d’élastique de couturière entre les lattes d’un rouleau de bambou comme si vous cherchiez à tisser l’élastique entre les lattes ; glissez les pinceaux dans les anneaux ainsi formés entre l’élastique et le bambou.

• Ne rangez jamais les pinceaux dans des récipients fermés ou dans des sachets en plastique où les soies naturelles risqueraient de pourrir. Attendez toujours qu’ils soient bien secs avant de les entreposer simplement à l’abri de la poussière.


La position du pinceau et l’encrage

En calligraphie chinoise, le pinceau doit rester parfaitement vertical, la pointe perpendiculaire au papier. Entraînez-vous à maintenir cette position avec fermeté de manière à obtenir des traits fluides et réguliers.

 

L’encre des pinceaux.

 

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Le plus simple consiste à tenir le pinceau en plaçant les doigts d'un côté du manche et le pouce de l'autre.

 


La longueur du manche d’un pinceau de calligraphie chinoise correspond à la taille de la pointe et à l’objectif envisagé. En calligraphie chinoise, la position de la main varie, en effet, en fonction de la taille des caractères. Pour les petits caractères, tenez le pinceau à 2 à 3 cm de la touffe. Pour les grands caractères, tenez le pinceau au niveau du milieu du manche. Pour les gros caractères, tenez-le à 15 cm (trois-quarts) de la touffe afin de disposer de plus d’amplitude pour calligraphier les traits.

 

 

La place du bras et du poignet.

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Une autre solution consiste à placer l'index et le majeur s'un côté, les deux autres doigts et le pouce de l'autre de manière à obtenir une tenue stable et plus ferme.

 


Pour les petits caractères, tenez le pinceau assez bas et posez le poignet sur le plan de travail afin qu’il soit stable. Si le poignet et trop éloigné de la surface, le pinceau risque de ne pas atteindre le papier.

 

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Petits caractères: tenez le manche à 2 ou 3 cm de la touffe et laissez reposer le poignet sur le plan de travail.

 


Pour les grands caractères, posez l’avant-bras sur le plan de travail mais pas le poignet. Il faut que vous puissiez exécuter les mouvements du coude sans entrave. Pour les gros caractères et la calligraphie gestuelle telle que le cao shu, ni le coude ni le poignet ne doivent toucher le plan de travail afin qu’il n’y ait aucune restriction de mouvement. En règle générale, la main ne doit jamais être située plus haut que l’épaule afin de ne pas créer de tension ; c’est ce qui explique que les calligraphes qui exécutent ce type d’œuvres travaillent toujours debout.

 

 

La position de la main.

 

 

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Grands caractères: tenez le manche par le milieu et laissez reposer l'avant-bras sur le plan de travail mais en dégageant le poignet.

 


Versez un peu d’encre dans la coupelle et laissez épaissir quelques minutes avant de commencer (voir page 22). Comme l’encre épaissit en séchant, jusqu’à devenir totalement inutilisable, il est conseillé de s’en tenir à de faibles quantités. Si vous manquez d’encre en cours de travail, il suffira d’en ajouter au fil des besoins.

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Gros caractères: tenez le manche à 15 cm de la touffe. Coude et poignet ne doivent pas toucher le plan de travail.

 


En calligraphie contrairement à la peinture, on ne se sert que de la partie et c’est la seule qu’il faut imbiber. De même, évitez de surcharger la touffe car vous auriez davantage de difficultés à la nettoyer ensuite.


 

  

Les techniques fondamentales

La réussite de la calligraphie repose sur la fluidité et sur la docilité du pinceau. Pour manipuler celui-ci, vous disposez de quatre mouvements qui, en se combinant, permettent d’obtenir des tracés très différents.

Les mouvements du poignet et du coude

 Pour maîtriser la course du pinceau, on utilise en calligraphie deux mouvements différents. Les mouvements courts s’exécutent en se servant seulement du poignet, tandis que les mouvements plus amples font intervenir le coude.

 

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Les traits courts.


Il suffit d’une simple rotation du poignet pour exécuter de petits mouvements de la main et, partant, du pinceau qui laisse sur le support des traits assez courts.
Par conséquent, le mouvement de rotation du poignet est essentiel pour l’exécution des petits caractères et pour les traits courts utiles dans les grands et les gros caractères.


Exercice du mouvement du poignet.


Tenez un pinceau fin à 2 à 5 cm de la touffe ; laissez reposer le poignet et l’avant-bras sur le plan de travail. Encrez la moitié inférieure des poils. Écrivez de droite à gauche les caractères chinois correspondant aux chiffres de un à dix.
Ne vous souciez pas de l’ordre des traits pour le moment : l’objectif de l’exercice est de vous habituer au mouvement du poignet.
Répétez cet exercice plusieurs fois. Éloignez ensuite le bras de la surface du plan de travail en y laissant le poignet. Tenez le pinceau par le milieu du manche et répétez l’exercice en utilisant le mouvement du poignet.

 

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Les grands traits.


Avec les grands et les gros caractères, le mouvement du poignet ne suffit pas à disposer de toute l’ampleur suffisante. Pour amplifier les traits, il faut faire pivoter le bras à partir du coude afin de couvrir une plus vaste surface. Entraînez-vous à ce geste, d’abord de haut en bas et de bas en haut, puis de gauche à droite et de droite à gauche.

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Mardi 13 mai 2008

Ce dimanche 11 mai, à l'occasion du spectacle Autour de Leonardo, Thierry Richard Calligraphe à animé un atelier de calligraphie.

Chaque visiteur a essayé d'écrire à la plume d'oie, le calligraphe fait un exemple en  écrivant un prénom et le visiteur essaye de le reproduire.


laplumeblanche.free.fr
par Th. Richard calligraphe publié dans : abc-xyz communauté : calligraphie
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Mardi 13 mai 2008
 
Des traits aux idéogrammes.

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La langue chinoise n'est pas fondée sur un alphabet, mais sur des caractères appelés "pictogrammes" ou "idéogrammes".
Les idéogrammes sont eux-mêmes composés d'une ou plusieurs unités fondamentales, qui se composent à leur tour d'un ou plusieurs traits élémentaires.


Depuis sa création, il y a quatre mille ans, l'écriture chinoise a su évoluer de diverses manières pour donner naissance à différents styles. Nous allons en présentez cinq parmi ceux qui ont eu le plu grand rayonnement et sont encore employés à l'heure actuelle.

Chaque style d'écriture ("shu" en chinois) est apparu longtemps avant de ce développer et de connaître sont heure de gloire. Chacun d'entre eux s'est propulsé et affirmé sous l'influence de contextes historiques décisifs et reste généralement lié à une pratique précise, comme la gravure des sceaux (zhuan chu) ou la transcription des documents officiels (li shu).

A l'heure actuelle, on utilise le kai shu - sous diverses variantes - pour imprimer les documents et livres; c'est le style du dictionnaire, celui que l'on apprend à l'école et que les débutants en calligraphie abordent en premier lieu. En revanche, pour les communications courantes, les Chinois se servent désormais du xing shu. Les trois autre styles (zhuan shu, cao shu et li shu) sont plutôt employés par les artistes.

La forme de chaque caractère diffère d'un style à l'autre, adoptant parfois plusieurs graphies au sein d'un même style lorsque les lettrés ont élaboré différentes manières de représenter un mot au cours des siècles.

Les cinq styles

Le zhuan shu


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Le zhuan shu est le plus ancien des cinq grands styles de calligraphie chinoise, et ses premières traces apparaissent à la dynastie Shang ou Yin (v. 1700-v. 1100 av. J.-C.). Appelé aussi " écriture sigillaire " ou " écriture de sceaux ", il a de tous temps été employé pour graver les sceaux traditionnels et a dominé jusqu'à la première dynastie Qin "221-207 av. J.-C.).

Entre les dynasties Shang et Qin, la dynastie Zhou (v. 1100-256 av. J.-C.) et l'époque des Royaumes combattants (453-221 av. J.-C.), voient apparaître une Chine divisée et déchirée par des conflits permanents qui ne favorisent guère le développement des arts tels que la calligraphie. Si le zhuan shu est largement répandu, ses expressions et ses formes diffèrent d'un royaume à l'autre.

L'écriture est alors essentiellement destinée aux accessoires de cérémonie - inscriptions gravées ou peintes sur les tablettes commémoratives et les ustensiles sacrificiels en usage dans les palais et les temples et les messages sont plutôt courts. Les poteries peintes de cette époque attestent de l'emploi d'une sorte de pinceau rudimentaire, bien avant l'émergence de modèle moderne dont on attribue traditionnellement l'invention au général.Meng.Tian,.vers.250 av.J.-C.

Le li shu et cao shu

 

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Grand unificateur de la Chine en 221 av. J.-C., l'empereur Shi Huangdi (fondateur de la dynastie Qin) se lance dans le rétablissement de l'ordre, édictant des lois qui seront précisément transcrites sur papier et tout aussi strictement mises en application. Au début de son règne, on emploiera le zhuan shu, mais son apprentissage posera des difficultés qui ne conviennent guère au rythme de plus en plus soutenu de ces officiels exigences administratives.

Plus simples, plus faciles à déchiffrer et plus rapides à écrire, les styles li shu et cao shu s'affirment. S'ils en sont encore aux balbutiements, on commence à les utiliser de manière croissante pour la direction des documents officiels. Soulignons cependant que, dans la mesure où le li shu est plus facile à lire et à écrire que le cao shu, c'est lui qui deviendra le style officiel (aussi appelé "de fonctionnaire"). Avec l'invention du pinceau, l'écriture se répand également parmi le peuple, qui y a recours de manière croissante. En revanche, le papier n'ayant pas encore été inventé, on écrit encore sur de fines lamelles de bambou assemblées en rouleaux.

Dans sont souci de consigner par écrit le moindre événement, l'empereur contraint les fonctionnaires impériaux à manipuler des quantités considérables de rouleaux de bambou. On tente alors d'inscrire autant de texte que possible sur un seul rouleau, une pratique qui modifiera radicalement la structure de l'écriture li shu.


Le kai shu et le xing shu

 

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La dynastie Han (206 av. J.-C.- 220 apr. J.C.) se distingue par sa stabilité politique et sa prospérité économique. La calligraphie n’st plus seulement réservée à des usages cérémoniels ou officiels, et acquiert ses premières lettres de noblesse en tant que mode d’expression artistique. Le li shu demeure cependant le style favori tandis que les premières formes de kai shu et de xing shu font leur apparition. Ces écritures en gestation offrent, malgré leur inachèvement, des variantes que les lettrés, avides de nouveaux modes d’expression, accueillent avec le plus grand intérêt.

C’est également sous les Han que naît le papier tel que nous le connaissons aujourd’hui. En remplaçant les lattes de bambou, il confèrera à l’écriture une dimension tout à fait nouvelle. Après les Han, la Chine plonge à nouveau dans une ère de troubles et d’instabilité politique.

Le pays, sous la menace constante des tribus nomades du nord, se divise en de nombreux royaumes. Wang Hi Zhi (303-361), calligraphie génial de l’époque, contribuera à la diffusion de xing shu – un style à part entière – dans la population. Il se penchera également sur le kai shu petits caractères, et les œuvres signées de sa main feront figure de modèle pour les générations futures.


L’âge d’or de la calligraphie

La dynastie Tang (618-907) couvre l’un des chapitres les plus glorieux de l’histoire de la Chine. Prospère, stable, elle offre un terrain fertile au développement de la calligraphie. L’engouement de toute la société pour les arts et pour la littérature suscité une compétition féroce entre lettrés. L’élégance et la précision du kai shu les séduits.
Certains d’entre eux consigneront pour la postérité les instructions d’exécution de chaque trait. Il en reste d’ailleurs de nombreux vestiges, qui comptent aujourd’hui parmi les plus précieuses sources de documentation. Les graphies anciennes en kai shu sont ainsi devenues des guides de référence pour l’apprentissage de la calligraphie.

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 A la fin de la dynastie Tang, les cinq grands styles de calligraphie sont pleinement développés. Le xing shu demeure le style populaire, mais les artistes et les lettrés continuent d’utiliser et d’exceller dans les autres styles en fonction de leurs goûts. Les empereurs des grandes dynasties suivantes : Song, Yuan, Ming et Quing : seront plus proches des lettrés que des guerriers, et sous leurs reigne, l’art de la calligraphie continuera à prospérer.


La calligraphie chinoise de nos jours

Aujourd’hui, le xing shu demeure le style de la communication courante. Si la plupart des Chinois ne savent pas nommer la graphie qu’ils utilisent, ils sont capables de déchiffrer le kai shu, car c’est celui des documents imprimés. Les calligraphies et les artistes n’en sont pas moins nombreux à consacrer leurs efforts à perpétuer ou à raviver toutes les autres écritures, et de nombreuses écoles se spécialisent dans un style. En outre, dans leur exploration perpétuelle de l’art de la calligraphie, les lettrés continuent à produire de nombreux chefs-d’œuvre.


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Tous les styles de calligraphies s’appuient sur les mêmes traits, qu’ils interprètent pour tracer les caractères dans la manière du style en question. Dans la mesure où le kai shu est à l’origine des normes de construction de ces traits, il est indispensable que l’apprenti calligraphe débute par ce style. Par ailleurs, étant donné qu’il constitue l’écriture moderne dominante, il est également préférable d’aborder les idéogrammes en xing shu. Afin d’allier les deux apprentissages, chacun des modules comporte aussi bien des instructions de tracé des traits élémentaires en kai shu que des modèles d’idéogrammes en xing shu.


Le matériel et les fournitures

75.pngLa calligraphie chinoise ne nécessite que quatre outils, les « quatre trésors du cabinet de travail des lettrés » : le pinceau, le papier, l’encre et la pierre à encre.

Toutefois, chacun doit faire l’objet d’un soin particulier de manière à ce qu’il convienne parfaitement à la forme spécifique d’écriture abordée.

Les pinceaux

Le pinceau chinois se compose d’une touffe de poils enserrée dans un manche. Sur les modèles traditionnels, le manche est en bambou et les poils proviennent d’animaux divers.

Ces derniers sont teints dans une couleur qui correspond à leur rigidité : les poils blancs sont souples, les poils bruns plus raides et les poils noirs très nerveux. Chaque pinceau est conçu soit pour la peinture, soit pour la calligraphie, mais il en existe certains qui conviennent aux deux usages.

En calligraphie, le choix du pinceau est fonction de la taille des caractères, celle-ci étant classée en trois groupes :
Les caractères qui occupent un carré virtuel de 2,5 x 2,5 cm sont dits « Petits caractères ».
Les caractères qui occupent un carré supérieur à 2,5 x 2,5 cm sont dits « Grand caractères ».
Les caractères de très grande taille sont dits « Gros caractères ».

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La distinction entre les grands et les gros caractères n’est pas très nette, mais elle se situe entre 5 cm et 7,5 cm environ. L’essentiel est d’aborder les petites écritures avec un pinceau fin et les autres avec un pinceau plus gros. Le meilleur moyen de vérifier que le pinceau convient bien à la graphie envisagée est de faire un essai. Si vous avez l’impression que l’écriture exige des mouvements plus amples que ceux que le pinceau vous permet, optez pour un modèle de plus grande taille.

Si vous avez l’impression que le pinceau donne des traits grossiers ou difficiles à maîtriser, changez pour un modèle plus fin. Par conséquent, n’hésitez pas à essayer plusieurs pinceaux afin de conserver celui qui vous offre le plus d’aisance.

- Les pinceaux à poils blancs.

Les pinceaux blancs ont une touffe souple – poils de chèvre, laine de mouton, plumes d’oie ou de poule. Ils sont particulièrement appréciés pour la calligraphie en raison de leur copieuse réserve d’encre, qualité indispensable en matière de fluidité d’exécution, notamment pour les gros caractères ou la calligraphie gestuelle. L’idéal est un pinceau en poils de chèvre.

Les pinceaux sont aussi classés en fonction de la longueur de la touffe (pointe) :
- Pointe courte
- Pointe longue
- Pointe extra longue

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Les pinceaux à pointe longue sont plus souples que ceux à pointe courte, mais ils s’avèrent plus onéreux. Les débutants commenceront avec des pinceaux à pointe courte pour adopter au fil de leurs progrès des modèles à pointe de plus en plus longue.
Quelle que soit la longueur de la touffe, les pinceaux sont par ailleurs disponibles en trois tailles : fin, moyen, et gros. Les pinceaux fins sont conçus pour les petites écritures, tandis que les gros réservés aux grandes écritures. Les modèles de taille moyenne conviennent à la fois aux petits et aux grands caractères.

- Les pinceaux à poils bruns.

Les pinceaux à poils bruns proviennent d’animaux comme le renard, le loup et le lièvre. Ils sont plus fermes que les modèles à poils blanc. Ils conviennent mieux à la peinture, mais certains calligraphes apprécient leur nervosité, notamment pour l’exécution des petites écritures. Dans ce cas, les traits plus fins exigent, en effet, une touffe assez raide pour adopter la puissance expressive voulue. Pour débuter, procurez-vous un jeux de pinceaux en poils de loup pour calligraphie.

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Poils de loup, grands caractères.
Poils de loup, caractères moyens.
Poils de loup, petits caractères.
Pointe longue, poils de loup, grands caractères.
Pointe longue, poils de loup, caractères moyens.

Bien que les écritures de grande taille soient généralement exécutées avec des pinceaux souples, de nombreux calligraphes préfèrent aborder les grands caractères en xing shu et cao shu avec des pinceaux en poils de loup à pointe longue. Les deux styles exigent, en effet, une exécution plus rapide que les autres, rythme pour lequel les poils de loup possèdent toute la nervosité voulue

- Les pinceaux à poils noirs.

Il s’agit de pinceaux confectionnés avec des poils plus raides, généralement teints en noir, qui proviennent d’animaux comme le porc, le cheval, l’écureuil ou le raton laveur. Assez onéreux, ils retiennent mal l’humidité et conviennent mieux aux œuvres gestuelles.

Ils n’existent qu’en pointes longue et extra longue, et leur manche est généralement assez long de manière à faciliter le mouvement du coude. Si la plupart des pinceaux à poils noirs sont destinés à la peinture, certains sont conçus pour la calligraphie. L’un d’entre eux porte le nom de « Imitation du style de Song ».

Attention : On trouve dans le commerce de nombreux modèles de pinceaux à touffe teinte en noir qui n’on aucun autre intérêt que décoratif car ils ne sont pas assez fermes. Vérifiez toujours la composition des poils avant d’acheter vos pinceaux.

- Les autres modèles de pinceaux.

Certains pinceaux associent les poils souples aux poils raides. Voici les plus employés en calligraphie chinoise :

50% Poils de lièvre,
50% Poils de chèvre.

70% Poils de lièvre,
30% Poils de chèvre.

30% Poils de lièvre,
70% Poils de chèvre.

Tous sont destinés à l’exécution de petits caractères. Leur touffe se compose d’une cape externe de poils souples qui entoure un cœur de poils plus raides, offrant une pointe plus ferme qui permet de calligraphier les petites écritures avec fluidité.  Pour commencer, procurez-vous plutôt les modèles 50/50 poils de lièvre et de chèvre.

Les pinceaux à poils mixtes sont très appréciés pour les petits caractères. Pour les grands caractères, où il faut disposer d’une bonne réserve d’encre, utilisez plutôt des poils souples.

Enfin, chaque catégorie comporte des pinceaux à pointe de très grande taille dits « pinceaux Ti ». Ils sont plutôt employés pour les grandes calligraphies et les œuvres gestuelles.

- La panoplie du débutant.

Voici un choix de pinceau pour aborder la calligraphie :

Pour les petits caractères.
Pointe courte, poils de chèvre, petits caractères ET pointe courte, poils de loup, petits caractères OU 50/50 poils de lièvre et poils de chèvre.

Ce sont les pinceaux désignés par l’expression « pinceau fins » dans tout l’ouvrage. Pour les modules, il vous suffit de disposer d’un pinceau à pointe courte en poils de chèvre. Si vous optez pour les très petits caractères, travaillez plutôt avec un pinceau plus raide (poils de loup).

Pour les grands caractères.
Pointe courte, poils de chèvre, grands caractères OU pointe longue, poils de chèvre, grands caractères.

Pour commencer, utilisez un pinceau en poils de chèvre pour petits caractères. Lorsque vous aurez l’habitude de manier ce model, essayer un pinceau pour grands caractères et, s’il vous convient poursuivez les exercices avec. S’il est trop gros, reprenez le pinceau pour petits caractères ou essayez de calligraphier des caractères encore plus grands.

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Samedi 22 mars 2008

Alphabet

’ALPHABET GREC EST LE PERE de nos alphabets occidentaux : tous les alphabets en usage en Europe lui sont apparentés. Les Grecs, même s’ils n’ont pas à proprement parler inventé l’alphabet, ont donc joué un rôle capital dans le développement de la civilisation occidentale.

Le terme même d’ «alphabet» est issu de la combinaison du nom des premières lettres de cet ensemble de lettres qui servit à transcrire la langue grecque: alpha et beta. Le terme d’alphabetos n’est apparut que tardivement dans la langue grecque, après que le bas latin eut bricolé ce terme barbare. Les Grecs utilisaient pour désigner leurs lettres l’expression ta grammata.

L’écriture a d’abord été en Grèce, le fait des commerçants et des prêtres. Les premiers écrits en vers furent des chants religieux et des formules magiques, et les premiers écrits en prose, des contrats de prêt. Mais elle a également permis la fixation des textes littéraires les plus parfaits, qu’il s’agisse de «la grande houle» des vers d’Homère ou du flot paisible de la prose de Platon.

Son histoire n’est toutefois pas linéaire. L’alphabet grec tel que nous le connaissons aujourd’hui, est en effet le fruit d’une longue maturation qui a duré près de cinq siècles.

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Du phénicien au grec

A LANGUE d’Homère, de Platon, de Sophocle a été couchée par écrit non par le biais d’une invention grecque, mais par l’adaptation d’un système alphabétique né ailleurs sur les côtes méditerranéennes.

Les écritures grecques archaïques

Ce qui semble bien être le plus ancien exemple d’écriture en Grèce est constitué par des pictogrammes retrouvés en Crète et encore indéchiffrés. Il semble que cette écriture pictographique soit à l’origine d’un autre système d’écriture apparu en Crète au début du minoen moyen (entre approximativement 1750 et 1650 av. J-C), cette écriture n’a pas encore été déchiffrée, et l’on ignore même si la langue mise par écrit était un dialecte grec. Cette écriture cursive, dont la graphie repose essentiellement sur la composition de lignes, a été baptisé par l’archéologue Evans, Linéaire A. Elle a été employée sur tout le domaine de la mer Égée, Troie incluse, de 1700 à 1400. Elle utilise 76 signes syllabiques dont 6 différent du Linéaire B, de signes idéogrammiques et numériques, dont des fractions.

Un peu plus tardivement (entre 1680 et 1580 env.), une nouvelle écriture se répand, le Linéaire B. Cette écriture cursive, utilisant 158 idéogrammes, 87 signes syllabiques, 11 signes de poids et de mesure, 5 signes numériques, fut déchiffrée par des Britanniques, Ventris et Chadwick en 1952, grâce aux techniques employées par l’Intelligence Service au cours de la Seconde Guerre mondiale pour décoder les messages de l’armée allemande. Il s’agit d’une écriture à la fois syllabique et idéographique. Cette écriture note une langue grecque mais ne survécut pas au déclin de la civilisation minoenne et aux invasions de la Crète et cessa donc d’être utilisée vers 1100.

L’île de Chypre connut également un système d’écriture, un syllabaire en usage jusque la période hellénistique (IIème siècle).

L’alphabet, une invention phénicienne

C’est donc plutôt du côté du Levant qu’il faut chercher l’origine de l’alphabet grec. L’ancien alphabet sémitique est d’abord un emprunt à la civilisation égyptienne. Le principe de fonctionnement de cette écriture pseudo-hiéroglyphique protocananéenne était celui de l’acrophonie: Chaque pictogramme symbolisait le tout premier son du mot sémitique représenté. Le signe de la maison, baytu représentait la « lettre » ‘B’. Or, dans toute langue sémitique, un mot ne peut commencer que par une consonne; un alphabet acrophonique ne peut donc qu’être consonnantique.

L’influence égyptienne n’est pas l’unique influence à laquelle le pays de Canaan était alors soumis. Le puissant royaume d’Akkadie s’étendait alors et sa civilisation se répandait avec au premier chef sa langue et son système d’écriture, le cunéiforme. Cette écriture a pour caractéristique d’être profondément liée à son support et à l’outil qui en assure la gravure. Sur des tablettes d’argile, de la pierre, une sorte de petit burin permettait de graver de petites encoches, des coins. Le système d’alphabet hiéroglyphique des Canaanéens fut transposé sur ces supports par ce type d’outils aux alentours du XIVème siècle avant J-C. Les principales traces de cette transposition sont celles laissées à Ugarit, l’actuel Ras Shamra, dont le fameux abécédaire à 30 signes cunéiformes est l’exemple le plus frappant.

Le cunéiforme disparu, l’alphabet linéaire poursuivit son évolution. Avant la fin du XIIème siècle avant J-C, l’alphabet classique de 22 lettres arrivait à maturité après un millénaire d’évolution depuis l’invention des hiéroglyphes. La graphie des lettres se stabilisait de même que le sens de la lecture qui se faisait désormais de droite à gauche. L’alphabet phénicien découpait la syllabe en unités simples, les consonnes, et négligeait les voyelles qui servaient à les prononcer. L’acquis décisif demeurait: l’utilisation d’un ensemble réduit de signes graphiques pour symboliser la langue articulée.

La problématique grecque

La langue grecque, qui appartient au groupe indo-européen comme le persan, le sanscrit et la plupart des langues européennes, offrait des particularités qui en rendaient la notation difficile, que ce fût par l’écriture syllabique crétoise ou par l’écriture alphabétique consonnantique phénicienne. En effet, la difficulté inhérente à toute écriture syllabique est de rendre la consonne isolée, non suivie d’une voyelle. Or les groupes de deux ou trois consonnes sont monnaie courante en grec.

D’autre part, un texte grec dont les voyelles ne sont pas notées est complètement inintelligible. Enfin le système des consonnes grecs semble avoir différé profondément aussi bien de celui de l’égéen, qui ne paraît pas avoir distingué les occlusives sonores des sourdes, que de celui du phénicien, qui ignorait les aspirées grecques, mais possédait en revanche plusieurs gutturales inconnues du grec et était plus riche que lui en chuintantes et en sifflantes.

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L’élaboration des alphabets grecs

E PROCESSUS D’ELABORATION de l’alphabet grec tel que nous le connaissons aujourd’hui, ne s’est pas fait du jour au lendemain. De plus, la structure politique éclatée de la Grèce antique, favorisait l’émergence de particularisme locaux forts. On distingue ainsi les alphabets archaïques, employés à Théra et à Mélos, les alphabets orientaux d’Asie Mineure, des îles orientales de la Mer Egée et du nord-est du Péloponèse (Argos, Corinthe, Mégare et leurs colonies) ainsi que ceux du nord-ouest de l’Egée et de l’Attique et les alphabets occidentaux, employés dans la plus grande partie de la Grèce continentale (Laconie, Arcadie, Béotie, Phocide, Thessalie, Eubée mais aussi dans les colonies de Sicile et d’Italie méridionale). Ces systèmes scripturaux servirent dans un premier temps à retranscrire les quatres principaux dialectes grecs: l’éolique, le dorique, l’ionique et l’attique.

Les mutations de l’alphabet phénicien

Pragmatiques, les Grecs vont transformer l’alphabet phénicien en l’adaptant à leur langue. Dans un premier temps, ils affectèrent à certaines consonnes phéniciennes, des valeurs à peu près similaires dans leur langue. Ainsi, le signe du samek phénicien fut affecté à la consonne grecque de prononciation voisine ‘s’. Après de nombreuses modifications d’orientation, ce caractère se stabilisa sous la forme du sigma, ‘S’, tandis que le têt fut affecté à la notation du son th sous la forme du ‘Q’ et que le qof, q, servit à noter le k et reçut le nom de koppa (‘K’). Le zain sémitique, servit à noter le son grec dz sous la forme ‘Z’.

Mais l’invention la plus significative des Grecs constituera à attribuer à certaines lettres phéniciennes dont ils n’avaient pas l’usage la valeur de voyelles. C’est ainsi que naquirent le alpha (‘A’), l’epsilon (‘E’), l’omicron (‘O’) et l’upsilon (‘Y’). Pour la sonorité i, ils inventèrent ex nihilo une lettre, le iota. Cette «lumière des voyelles» pour reprendre l’expression d’Etiemble, c’est l’apport décisif que vont faire les Grecs à l’histoire de notre civilisation.

Le problème pour les Grecs n’était pas seulement de trouver un emploi pour les lettres sémitiques qui ne correspondaient pas à des consonnes de leur langue mais également d’arriver à noter tous les sons de cette dernière. C’est ainsi que le son ph, fut d’abord noté ‘PH’ avant de se stabiliser sous la forme ‘F’. Le son kh fut attribué à l’ancien taw sémitique, ‘C’, resté sans emploi en grec. Le groupe consonnantique ps, fut d’abord noté ‘PS’, mais les Ioniens recoururent rapidement au signe ‘Y’ pour le représenter.

Ainsi, progressivement, son par son, signe par signe, s’élabora l’alphabet grec avec des différences notables selon les régions, mais suivant toujours le même processus: celui de l’adaptation du vieil alphabet sémitique à la langue grecque. Ceci explique d’ailleurs que les Grecs aient dans l’ensemble hérité des Phéniciens à la fois l’ordre dans lequel sont rangées les lettres et les noms de ces lettres. L’alpha rappelle indubitablement l’aleph phénicien, le bêta, le beth phénicien, etc.

Une longue évolution

Au début les mots étaient écrits sans séparation; plus tard on les sépara les uns des autres. Dans le même ordre d’idée, les accents sont apparus progressivement dans l’alphabet grec. La langue grecque avait en effet cette particularité de posséder un accent musical qui se traduisait dans chaque mot par un changement de hauteur portant sur une des syllabes de ce mot. L’alphabet que les Grecs avaient hérité des Phéniciens ne tenant pas compte de telles nuances, les grammairiens alexandrin Aristophane de Byzance (ca -240) et son disciple Aristarque de Samothrace inventèrent les trois accents de l’écriture grecque: aigu, grave et circonflexe.

Jusqu’au VIème siècle, l’écriture grecque n’était pas encore stabilisée. Chaque cité grecque archaïque, traditionnellement jalouse de son indépendance, imposaient des graphies très différentes aux lettres. Ainsi, aux côtés de l’alphabet grec ionien, coexistaient différentes variantes de cet alphabet employés en Asie Mineure pour noter le grec et des dialectes locaux. Pour mémoire, il est possible ainsi de mentionner l’existence des alphabets phrygien, pamphylien, carien, lydien et lycien.

De même le sens de lecture n’était pas encore définitivement fixé. On pratique ainsi le spéirédon (lecture en spirale), le stoïchédon (alignement horizontal et vertical des lettres) et le boustrophédon. Dans ce dernier système, le sens de lecture progressait à l’horizontale, alternativement dans un sens et dans le sens opposé, à la manière des bœufs au labour, revenant sur leurs pas à la fin de chaque sillon (bous: bœufs; strephein: tourner). Le boustrophédon constitue peut-être l’intermédiaire entre le sens phénicien, de droite à gauche, que les Grecs adoptèrent dans un premier temps et le sens ionien de gauche à droite.

Stabilisation de l’écriture grecque

L’année -403 marque un tournant décisif dans l’histoire de l’alphabet grec. En effet, sous l’archontat d’Euclide, Archinos fait adopter à Athènes une disposition stipulant que les textes des lois, consignés jusqu’alors dans l’alphabet local, seront réédités dans l’alphabet de Milet dit ionien, qui donnait sa préférence au sens gauche-droite. Les autres villes grecques, suivirent progressivement cet exemple, reconnaissant officiellement la supériorité de cet alphabet. Au IVème siècle, l’unification des alphabets grecs était à peu près réalisée. C’est un fait important dans l’histoire de la civilisation, car l’adoption de ce même type d’écriture coïncide approximativement avec la création d’une langue grecque commune, koiné dialektos, qui fut employé par tous les Héllènes ayant quelque culture, processus déterminant dans l’établissement du sentiment national grec.

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Evolution de l’écriture grecque

E DESSIN DES CAPITALES est fort simple et rigoureusement logique. Pour reprendre la théorie d’Alphonse Dain, chaque lettre est un assemblage d’éléments primitifs que sont le trait et le rond (I & O).

Avec un trait on obtient le iota (I) et avec deux traits inscrits dans un carré, on obtient le gamma (G), le lambda (L), le tau (T) et le chi (C). Avec trois traits, on obtient le delta (D), le Zêta (Z), le êta (H), le nu (N) et le pi (P) tandis qu’avec quatre traits on obtient l’epsilon (E), le mu (M), le sigma (S) et le xi (X) [La capitale archaïque du xi est traversée par une barre verticale].

Les lettres rondes sont l’omicron (O) et l’omega (W). En gravant au milieu du cercle un point ou une barre, on obtient le thêta (Q) et le phi (F). Enfin, le bêta est fait d’une barre et de deux moitiés de cercles (B) alors que le rhô ne présente qu’une panse supérieure (R).

L’intérêt d’une telle standardisation est pour Rémy Peignot, l’harmonie «quasi musicale (qui) naît du jeu rythmique des traits. (...) Dans l’assemblage des lettres, des notes en lignes et en page, le retour périodique de formes simples facilite la lecture; cela plaît à l’œil qui s’y retrouve».

De l’influence des supports sur le dessin des lettres

Toutefois, le dessin des lettres va se mettre à se redifférencier, cette fois en fonction du support d’écriture utilisé. L’écriture monumentale ou lapidaire, est celle que l’on va utiliser pour graver sur la pierre les documents officiels. De forme rectiligne et anguleuse, elle se distingue nettement des rondeurs de l’écriture des scribes maniant le calame. Dès le IVème siècle, l’écriture courante va être celle sur papyrus. Les Grecs ont en général, utilisé le papyrus de la même manière que les Egyptiens. A ses débuts, l’écriture sur papyrus était très proche de l’écriture épigraphique; appellée écriture scolaire, ses caractères ne sont pas liés entre eux, les mots ne sont pas séparés les uns des autres, les lettres E, S, W gardent leur forme anguleuse mais commencent à apparaître les formes arrondies dans les autres lettres. On ne laissait pas d’espace entre les mots et pour indiquer qu’on passait d’un sujet à un autre, on traçait un petit trait horizontal appelé paragraphos, qui signifie, «écrit sur le côté».

On écrivait en colonnes sur des bandes de parchemins ou de papyrus longues de six à neuf mètres et que l’on enroulait autour d’un bâton. Ces rouleaux prirent le nom de biblos du nom de la cité phénicienne qui fit connaître le papyrus aux Grecs. Un rouleau plus petit s’appelait biblion. Lorsque le rouleau faisait partie d’un ensemble on l’appelait tomos, c’est à dire la coupure.

Les écritures grecques médiévales

A côté de cette écriture fondamentale, d’autres genres se développèrent très rapidement. L’écriture calligraphique était proche du type scolaire mais le gabarit des caractères, leur écartement, leurs enjolivements étaient calculés de façon à produire une impression artistique; c’est l’écriture des manuscrits. Elle évitait les ligatures, ne séparait pas les mots et était appelée également onciale ou parfois biblique, par qu’on la retrouve dans les trois grands manuscrits bibliques que sont le Codex Vaticanus, le Codex Sinaiticus et le Codex Alexandrinus.

L’écriture cursive était l’écriture courante, ou étirée comme disaient les Grecs eux-mêmes. Plus rapide que l’onciale, elle se distingua nettement de sa parente à partir du IIIème siècle av J-C. Les traits essentiels de la cursive étaient d’une part, la tendance à lier entre eux les caractères d’écriture, dans la mesure où leurs formes s’y prêtaient, et à en simplifier le tracé, à le rendre plus coulant.

Entre les deux, il existait une écriture administrative dite de chancellerie qui se rapprochait de la cursive mais ses lettres étaient grandes, grêles et stylisées, et l’écriture personnelle, celle des gens d’une certaine culture.

L’onciale évolua peu et subsista sous cette forme quand on substitua le parchemin au papyrus; elle resta le type même de librairie. La cursive subit elle une transformation radicale qui finit par aboutir à la minuscule. Cette dernière a dégagé et précisé une des caractéristiques alors embryonnaire de l’écriture de chancellerie, à savoir le système des quatres lignes. Les lettres de l’écriture monumentale, comme celle de l’onciale et de notre capitale latine, sont en effet toutes de la même hauteur: on peut en délimiter leur tracé par deux lignes.

Au début du IVème siècle, la chancellerie impériale, désormais fixée à Constantinople, imposa la cursive byzantine qui subit l’influence de la cursive latine contemporaine, au point que les deux écritures pouvaient facilement se confondre. Cette nouvelle cursive a joué un rôle décisif lors de la véritable renaissance qu’a connue au VIIIème siècle l’Empire byzantin. La nouvelle écriture grecque, celle qui est aujourd’hui encore employée tant pour les livres imprimés que dans la vie courante, la minuscule, s’est en effet formée à partir de la cursive: tout en gardant certaines ligatures usuelles et claires, elle a séparé les lettres, réintroduit, aux IXème et Xème siècles, certaines formes onciales, réduit la dimension des lettres et su allier à la clarté des onciales la fluidité et la rapidité des cursives; elle a conservé et régularisé l’usage des signes diacritiques, esprits et accents, introduits par les Alexandrins.

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Signe de civilisation

’ALPHABET adapté en Grèce aux alentours du VIIIème siècle avant J-C eut un grand rôle dans l’histoire des civilisations. Il permit la conservation du savoir qu’allait accumuler l’hellénisme et assura sa transmission jusqu’à nos jours. Il permit également aux anciens Grecs de conserver les mouvements de leur esprit, leurs lois, leurs décrets, l’expression de leur piété, de transmettre leurs rites initiatiques, leurs méditations philosophiques, leurs comptabilités...

La Civilisation grecque est la première civilisation qui reposa en une si grande part sur l’écrit. Et ceci, grâce à la lecture facile d’un alphabet: la démocratie aurait-elle pu naître si les citoyens n’avaient pu avoir accès aux décrets et aux lois? Les écritures nées en Mésopotamie ou en Égypte réservaient la lecture à une élite au rôle social défini. La Grèce inventa la démocratie, laquelle semble bien être le corollaire d’une autre invention: la pédagogie. Or, comment éduquer sans l’écrit...?




par Th. Richard calligraphe
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Samedi 22 mars 2008


Calligraphe professionnel Thierry Richard pratique la calligraphie occidentale latine (française) et la calligraphie chinoise

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Dimanche 17 février 2008

Collectionneur d'objets d'écriture, au début des années 80, j'ai commencé à utiliser les plumes de ma collection pour esquisser quelques lettres recopiées d'après d'anciens parchemins, progressivement la calligraphie à pris le pas sur la collection.

Après plusieurs années d'exercices en autodidacte, j'ai pris des cours auprès de spécialistes pour améliorer la technique et corriger mes défauts. En 1999 j'ai décidé de franchir le pas en passant professionnel.

Des débuts en autodidacte je garde une méthode d'apprentissage personnelle résultat de plusieurs années de tatonnement, méthode que j'applique dans mes cours. Aujourd'hui je pratique une calligraphie classique dans l'esprit de scribes et de copistes. En tant qu'artisan d'art l'essentiel de mon travail est de répondre à des commandes clients aussi diverses que: noms sur diplômes, adresses, packaging, calligraphies sur céramique, logos, pancartages, maquettes pour tatouage, éléments de décoration ...

Après un séjour en Chine, j'ai cherché, auprès de calligraphe de renom, à apprendre la calligraphie chinoise en paralléle avec des cours de chinois. La découverte et l'apprentissage de cette nouvelle culture calligraphique me permet de m'ouvrir vers la calligraphie contemporaine et de découvrir de nouveaux horizons.

 

Th. Richard



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Dimanche 27 janvier 2008
Je suis déçu l'organisation était loin d'être parfaite le matériel annoncé n'était pas là il a fallut  improviser
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Jeudi 24 janvier 2008

Samedi 26 janvier après-midi  et dimanche 27 janvier toute la journée
Démonstrations de calligraphie occidentale française (latine)  et de calligraphie chinoise

à Vernon à l'espace Philippe Auguste   à l'occasion du salon de l'habitat



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Jeudi 24 janvier 2008
aux Ateliers de la Cour Roland à Jouy en Josas près de Versailles
    
    
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                                           20 heures (5 vendredis après-midi)    13h30 - 17h30
                                       14 mars    28 mars    11 avril    23 avril   6 juin


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Jeudi 24 janvier 2008
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